En apparence, la logique semble implacable : pourquoi avancer des fonds quand un programme public peut en couvrir une partie? Attention, ce raisonnement peut être coûteux car les subventions ne précèdent jamais le projet. Il ne s'agit pas d'ignorer ces aides, mais de les envisager pour ce qu'elles sont : un bon coup de pouce et non la ligne de départ.
RÉALITÉ Nº1 : La subvention arrive après et chaque mois d'attente se paie
Tous les programmes publics supposent un projet déjà engagé, s'appuyant sur un dossier technique et des critères d'admissibilité stricts. Entre l'instruction du dossier, la validation technique et le versement, les délais réels s'étirent de 6 à 18 mois selon les programmes. Pendant ce temps, les tarifs sont en hausse, les économies ne sont pas réalisées et la fenêtre d'opportunité se réduit. Or, l'intégration de tiers financements permet de déclencher le projet et d’économiser dès la décision prise.
RÉALITÉ Nº2 : Une couverture partielle qui cache un risque maintenu
Les programmes publics couvrent en général 30 à 50 % des coûts, mais jamais la totalité. Le reste à charge existe toujours et doit impérativement être financé autrement. Ce que la subvention ne dit pas, c'est que l'entreprise supporte quand même un risque de performance et un effort de trésorerie important. À l'inverse, des modèles de financement comme SOFIAC permettent d’anticiper en incluant les subventions dans son montage financier, en plus de financer la totalité du projet et en assurer le suivi et l'optimisation, sans peser sur vos liquidités.
RÉALITÉ Nº3 : Les enveloppes budgétaires publiques sont incertaines
Les programmes gouvernementaux sont reconduits selon les priorités budgétaires de l'État, pas selon le calendrier de votre projet. Un programme peut être modifié, plafonné ou purement et simplement interrompu entre le moment où l'entreprise planifie et celui où elle dépose son dossier. Construire une stratégie de transition sur une promesse externe, c'est prendre le risque de déléguer son propre agenda à une décision politique.
RÉALITÉ Nº4 : Le luxe d'attendre n'existe plus
De nouvelles obligations de divulgation climatique sont en cours d'adoption, notamment avec les normes de l'ISSB/IFRS S2 et le projet de règlement 51-107 des ACVM. Les émissions de scope 3 - catégorie de GES utilisée pour mesurer la quantité émise par les organisations incluant toute la chaîne de valeur et pouvant représenter plus de 70 % de l'empreinte carbone - entrent désormais dans le périmètre obligatoire. Retarder sa transition équivaut donc à retarder sa conformité, créant un risque réputationnel et réglementaire. Si ces obligations ciblent d'abord les entreprises cotées, les donneurs d'ordre, les investisseurs et les institutions financières appliquent déjà une pression similaire sur leurs fournisseurs et partenaires, cotés ou non.
VERDICT : ordonner plutôt qu'opposer
Dans un contexte de déclaration obligatoire et de hausse tarifaire, l'ordre dans lequel l'entreprise agit est devenu une décision stratégique à part entière. Il faut mener de front la recherche de subventions et l'intégration d'un modèle de financement durable. Des modèles comme ceux proposés par SOFIAC et les subventions ne s'opposent pas : il faut les ordonner pour maximiser leur impact.